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Love Letters : par amour des mots

par Matthieu Challier [27ème promotion].
Article publié le mercredi 25 janvier 2006.
 
Au théâtre de la Madeleine, Anouk Aimée et Philippe Noiret reprennent avec bonheur la pièce de Albert Ramsdell Gurney. Au seuil de leur existence, deux amants épistolaires se retournent sur leur histoire. Un voyage touchant au coeur des sentiments.

(JPG) Plantés sur leurs chaises, un homme et une femme sont assis à une table de banquet - comme pour une cérémonie. Côte à côte et au crépuscule de leurs vies, ils se replongent dans les lettres qu’ils n’ont cessé d’échanger. Phrases griffonnées sur des cahiers d’écoliers, lettres enflammées des amours adolescents, appels au secours et regrets de la maturité : toute leur vie s’offre à nous.

Tantôt chien et chat, tantôt loup et agneau, Thomas et Alexia, amis parfois amants, tournent l’un autour de l’autre. Ils se griffent, se blessent même... pour mieux panser les plaies qu’ils se sont infligées. Ces deux-là se sont trouvé. Et s’ils laissent les aléas les séparer, c’est pour mieux goûter le plaisir de se retrouver.

Avec son collier de barbe grise, Philippe Noiret incarne cet homme que la maturité a rendu respectable, père de famille et sénateur. Mais la malice brille toujours dans l’oeil de ce vieux lion assagi et sa voix tonnante retrouve par instants une ferveur adolescente. Gracile panthère effarouchée mais néanmoins espiègle, Anouk Aimée met, quant à elle, sa sensibilité au service de cette femme artiste meurtrie de n’avoir pas su construire la vie qu’elle se rêvait.

Une heure et demie à se dire, se raconter, se livrer. Sans jamais se regarder. Car Alexia et Thomas ne sont pas vraiment là. Il n’y a que leurs mots. Ces mots écrits qui s’interpellent et se répondent par le truchement de la voix des deux comédiens. Philippe Noiret et Anouk Aimée sont sur scène, mais ne bougent pas. Ils prêtent leurs voix aux mots pour que les lettres deviennent chair. Et comme un écrin, cette épure de mise en scène orchestrée par Sandrine Dumas réhausse le projet d’Albert R. Gurney.

L’auteur de ces Love letters voulait ici déthéâtraliser le spectacle visuel. Son parti-pris fonctionne : la puissance évocatoire du texte jaillissant des corps extatiques est décuplée. Un appel aux souvenirs qui sonne comme une incantation et trouve un écho en chacun d’entre nous.

 [1]


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[1] Love letters au Théâtre de la Madeleine 19, rue de Surène 75008 Paris Renseignements et réservations au 01.42.65.07.09 A l’affiche jusqu’au 12 février 2006.



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