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« Ce journal, c’est ma famille »

par Nicolas Barriquand [29ème promotion].
Article publié le jeudi 14 février 2008.
 
Depuis plus de cinquante ans, Arpik Missakian perpétue le quotidien arménien fondé par son père.

Il est deux fois plus grand qu’elle. Sur la toile encadrée le représentant, Chavarche Missakian, l’air grave, journal à la main, surplombe sa fille au travail. Arpik Missikian continue d’écrire le titre qu’il a créé. Plus de cinquante ans après la mort de son fondateur, le quotidien en langue arménienne, Haratch, sort toujours. « S’il savait que je continue encore aujourd’hui, il se retournerait dans sa tombe », estime une femme en âge d’être à la retraite, en jetant un coup d’œil au portrait.
Tous les jours, elle écrit et publie les quatres pages d’Haratch, avec l’aide d’une assistante. Reconnu comme une référence parmi la presse armienne d’Europe de l’Ouest, le journal est envoyé aux abonnés, en France, en Italie, au Portugal. Destiné à la communauté française d’Arménie, Haratch traite de l’actualité de la république du Caucase, et accorde une place aux analyses de politique internationale, aux éditoriaux.
« Après le drame de 1915, et l’exil, notre journal a accompagné, dès le départ, la communauté arménienne de France », souligne Arpik Missakian. Car le titre naît le 1er août 1925, avec la volonté du journaliste Missakian, reconnu dans son pays comme un grand de la profession. Il (JPG) construit un lien émotionnel fort avec ses lecteurs. Chavarche Missakian est le premier à employer le mot de génocide pour qualifier les crimes des Turcs contre les Arméniens en 1915.

Avenir francophone

Haratch tire à 5 000 exemplaires quand la communauté compte environ 50 000 personnes. Il se passe entre voisins, dans la famille. Paradoxalement, aujourd’hui que l’on dénombre 500 000 arméniens ou personnes d’origine arménienne en France, Arpik tire moins de 2 000 exemplaires du quotidien. « Les lecteurs ne font plus l’effort de lire en arménien », note, résignée, la rédactrice. Sur son bureau, un numéro du mensuel Les nouvelles d’Arménie, un magazine francophone. « C’est ça l’avenir de la presse arménienne en France. L’abandon de la langue pour le français, c’est une évolution inévitable. Je ne peux la regretter, ce serait idiot », dit-elle, elle qui n’a pas fait ses études en langue arménienne, mais française. Elle peste aussi contre la radio arménienne de Paris, qu’elle écoute le samedi matin, et qui, elle aussi, abandonne de plus en plus la langue. « C’est vrai que mes abonnés sont âgés, concède Arpik, mais ce journal, c’est ma famille. Alors je continue, au jour le jour. » En arménien, Haratch signifie « en avant ».

Nicolas Barriquand


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