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"L’argent a tendance à pervertir"

par Romain Scotto di Rinaldi [29ème promotion].
Article publié le lundi 3 décembre 2007.
 
Comme Frédéric Thiriez, ils sont à la tête d’une Ligue nationale et s’apprêtent à renégocier les droits télévisuels de leur sport. Mais au volley comme au handball, les ballons ne rebondissent pas pour 600 millions d’euros. Kerstie Abergel, directrice de la Ligue nationale de volleyball et Etienne Capon, directeur de la Ligue nationale de handball sont conscients de l’écart financier qui sépare la Pro A et la D1 de la Ligue 1. Pour ce qui est du spectacle, c’est une autre histoire.


-  On parle d’une renégociation des droits télé de la Ligue 1 au-delà de 600M€, ça vous fait rêver ?

Kerstie Abergel (directrice de la LNV). Non, même pas. Je dirais tant mieux pour eux. C’est une somme énorme. Le problème c’est que plus ils en ont, moins on en a. Si les chaînes investissent autant d’argent dans le foot, c’est qu’elles ne le mettent pas ailleurs. C’est comme ça. Peut-être qu’ils se débrouillent bien. Nous, nous sommes liés à Sport + qui doit diffuser cette année entre six et huit matches de Pro A, mais on ne touche absolument rien. Même gratuitement, ils rechignent à diffuser du volley. Alors si on devait les faire payer... En revanche, la fédération qui vend les matches de l’équipe de France, touche 150 000€ par an pendant quatre ans grâce à son partenariat avec Eurosport. Vous voyez, ça ne fait pas lourd. Du coup, on va aller chercher de l’argent. Sûrement du côté de la TNT. On sait qu’ils sont à la recherche de programmes de sport. On va leur en proposer.

Etienne Capon (directeur de la LNH). Forcément. On en est très loin aujourd’hui puisque les droits du handball se négocient en dessous du million d’euro (NDLR : 575 000€). A ce prix là, on a vendu tout le championnat à Eurosport, ainsi que la Coupe de la Ligue. Mais les choses vont évoluer. Début 2008, on lancera un nouvel appel d’offre. On devrait proposer deux lots sur le championnat. L’un pour le match phare de la journée et l’autre pour le reste des matches. Sans oublier un lot pour la Coupe de la Ligue. En élargissant notre palette, on espère bien toucher de nouveaux opérateurs, comme ceux de la TNT ou même internet.


-  Que se passerait-il si autant d’argent était investi dans votre sport ?

K.A. Alors là, c’est plus qu’une fiction (rires). On est tellement loin du foot. L’argent a tendance à pervertir. Est-ce que les joueurs resteraient tels qu’ils sont ? Au volley, on est très proches d’eux. Mais de toute façon, on n’a pas vocation à devenir ce qu’est le foot aujourd’hui. On est très petit et on veut grandir, mais pas dans le même sens que le foot. On voit aussi qu’ils ont des problèmes que nous n’avons pas, comme la violence dans les stades.

E.C. Oh la la ! Ça ferait de la D1 le championnat le plus riche d’Europe ! On construirait de belles salles. On améliorerait toutes nos infrastructures. Sur ce plan là, on est en retard sur l’Allemagne et l’Espagne. Actuellement, en terme de budget, notre meilleur club, Montpellier, serait en milieu de tableau allemand. Mais malgré l’écart financier, on est largement compétitifs sportivement.


-  A côté de la Pro A et de la D1, que vaut la Ligue 1 ?

K.A. Sûrement pas 600 millions d’euros, c’est certain. Je ne voudrais pas me fâcher avec Frédéric Thiriez, mais c’est une somme qui me paraît excessive. Évidemment, les prix ne dépendent pas de la qualité du spectacle. Sinon la Pro A se monnayerait beaucoup plus cher.

E.C.  En terme de spectacle, la L1 ne vaut sûrement pas 600 fois notre D1 ! Mais il faut raisonner autrement. On ne paye pas seulement pour le spectacle offert. Si les chaînes payent si cher, c’est qu’elles ont un retour sur investissement. 600 millions d’euros, c’est le prix du marché. Point. Ce n’est pas forcément exagéré.


Comparatif des trois championnats sur la saison 2007/2008


-  Montant des droits télévisuels (matches uniquement) :
L1 : 600M€ - D1 : 575 000€ - Pro A : 0 €.

-  Nombre de matches diffusés :
L1 : 380 (Canal+, Canal+ Sport et Foot+) - D1 : 26 (Eurosport) - Pro A : 6 à 8 (Sport+).

-  Budget moyen des clubs :
L1 : 34M€ - D1 : 2M€ - Pro A : 1,3M€

-  Salaire mensuel des joueurs (en moyenne) :
L1 : 44 000€ - D1 : 3 695€ - Pro A : 2 500€.


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