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Vertige de la couleur

par Cyril Frémin [29ème promotion].
Article publié le dimanche 18 novembre 2007.
 
Le vert m’obsède, me suit, me harcèle. Sans doute les conséquences indirectes de la passion de ma mère pour cette couleur. Elle vit vert, elle achète vert.
Vert nettoyant. 7 h du matin, il est temps de se lever et de prendre une douche. Ushuaïa aux écorces de bambou. Il parait que c’est stimulant. Pourquoi les bouteilles de gel douche sont vertes ? Et pareil pour le shampoing. Il respire l’orange, c’est pas vert l’orange... Brossage des dents. Là aussi, ma brosse est verte. Ma mère me l’a gracieusement imposé.
Vert stimulant. Un petit café avant de partir. Dans une tasse verte. C’est le vestige d’un service à café acheté chez Ikea il y a deux ans. C’est la seule tasse propre. Qu’est-ce que je lui ai fait à ce vert pour qu’il me suive tout le temps ?
Vert bondissant. Bon d’accord, je le cherche parfois. Je roule dans une Twingo vert indigo. Mais je l’adore dans cette couleur. Elle est proche de ces couleurs anglaises très classes, comme les Peugeot série spéciale Rolland Garros.
Vert fleurissant. Sur la route, il me talonne, il m’entoure. En sortant de la maison, le froid se mélange aux senteurs des arbres environnants. Entre les pelouses, les parterres de fleurs, ce vert est partout quand je conduis. Pour lui échapper, je m’engouffre dans le parking souterrain. Pas de vert à l’horizon, je l’ai semé.
Vert dirigeant. Arrivé à la gare, il est tapit dans l’ombre. Un peu de vert sur la superette, sur la pub. Il surgit pour me dicter ce que je dois faire. Sur le portique du RER, six barrières sont potentiellement franchissables. Trois sont rouges. Trois sont vertes. Je n’ai pas trop le choix.
Vert reposant. Je traverse toutes les stations du RER A. Il n’est plus là. Seul les sièges dans les gares sont en vert. Le marché de Croissy a lui aussi revêtu ses nappes et bâches couleur de l’espoir. Il fait parti de moi. Il me rappelle le marché de Versailles, quand je vais travailler avec mes parents.
Vert tamisant. Nanterre préfecture, la Défense, Charles de Gaulle étoile, plus une trace de vert. Il a abandonné son harcèlement. Mouai... Les lampadaires de la gare Haussmann Saint-Lazare, d’un vert pastel, d’un ton tamisant, sont là pour me rappeler qu’il a l’œil sur moi. Il est en hauteur, comme une caméra de surveillance.
Vert triomphant. Dans dix minutes, j’arrive à l’école. Encore un métro à prendre. Et le revoilà ce vert. Encore plus fort. C’est la couleur de la ligne 12 ! Déjà j’aurai dû me méfier en passant devant les lignes trois et neuf. Je vais le subir pendant trois stations.
Vert secourant. A l’école, les poubelles sont vertes. Point barre. Il est temps de rentrer en cours. Tout devrait bien se passer aujourd’hui. Et s’il se passe quelque chose, un incendie, une fuite de gaz, pas de soucis. L’école dispose d’une sortie de secours. Avec une flèche verte pour la suivre.

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