page d'accueil
envoyer un message au webmaster
plan du site
s'abonner au flux RSS les derniers articles à lire accéder au podcast s'abonner à la newsletter
espace privé pour les rédacteurs

La Madone, les vendeurs, les touristes et les méchants

par Camille Raynaud de Lage [29ème promotion].
Article publié le mardi 13 novembre 2007.
 

Bientôt 21h. Le jeu bat son plein sous la Tour Eiffel, comme tous les soirs. D’un côté, les vendeurs. Il sont là, par dizaines, partout essaimés. Dessous, autour, sur les côtés, sur les trottoirs... Petits, grands, gros, maigres, malgaches, africains, indiens... Au centre de la partie : Elle, la madone d’acier française. Elle veille sur Paris, infatigable, presque maternelle en ce dimanche soir. Sur eux surtout. Elle est leur fonds de commerce, leur pain, leur raison de vivre, le but du jeu. En face, leurs “proies” : des bribes de touristes congelés par le froid automnal, qui errent le nez rougi, la tête en l’air. Et surtout, cette longue file de candidats à la montée de l’Everest parisien devant le pilier nord, malgré l’heure déjà tardive. Ceux-là, on les recueillera à la descente, encore grisés.
En attendant la manne, l’un des petits vendeurs s’avance sur le trottoir, à la rencontre d’un passant. Un homme pressé du dimanche soir. « Oune eurrro monami », annonce le petit indien, bonnet de laine noire enfoncée jusqu’aux yeux, des yeux brillants dans le noir. Posée dans sa main comme sur un trône, une mini Tour Eiffel en plastique rose phosphorescent. Buée scintillante dans l’obscurité, elle s’offre gentiment. Las, l’homme pressé est aussi insensible qu’un dimanche soir de novembre. Tant aux charmes luminescents du totem qu’à l’offre achalandée d’amitié et d’accent chantant. La proie véloce s’échappe sans un mot. L’autre n’insiste pas. C’est une des règles du jeu.

Un ballet de farceurs

Il se rapproche lentement d’un de ses alliés, quelques mètres plus loin. Grand, noir, tout en longueur. Il tient à la main un imposant porte-clef, d’où pendouillent en cliquetant une vingtaine de Tour Eiffel, petites, moyennes, grandes, très grandes même. Soudain, un troupeau de vendeurs précédés d’un tintamarre de cliquetis cliquetant s’approche au grand galop. Les méchants ont fait leur entrée dans le jeu. Ils sont deux. Tout de bleu foncé vêtu, ils ont des bâtons noirs et des pistolets accrochés avec des scoubidous à la ceinture. Les vendeurs font semblant d’avoir peur, mais ils s’échappent avec des sourires pleins de dents blanches dans le noir. Pour s’arrêter à peine quelques mètres plus loin. Et revenir comme si de rien n’était, dès que les méchants ont le dos tourné. Un ballet de farceurs.
La grande Dame entre dans le jeu, elle aussi. Elle fait diversion, en scintillant de mille feux. Un feu d’artifice de flashs éblouissants lui répond. Il se fait froid et tard. Les méchants abandonnent.
Les escadrons de la madone ont gagné la partie. Encore une fois. Demain tout recommence...


Voir et/ou télécharger l'article au format PDF

Forum de l'article


 
 
 
   
[#NOM_SITE_SPIP]

Accueil |  IPJ Paris | podcast ipjmag |  anciens ipj |  newsletter |  @webmaster | ipjmag en rss ipjmag

Ipjmag est un magazine école réalisé par les étudiants de
l'Institut Pratique de Journalisme, dans le cadre de l'option "journalisme en ligne"
encadrée par Thierry Guilbert, concepteur de ce site à vocation pédagogique
.
-------
Tous droits de reproduction et de diffusion réservés - (c) 2004 - 2006
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnait avoir pris connaissance de
la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.
Le contenu de ce site (textes, sons et vidéos) ne peut être repris sans accord préalable de leurs auteurs.

------

Creative Commons License
Les pages contenues sur Ipjmag font l'objet d'un contrat Creative Commons.  
------
Technologies et logiciels utilisés :
Spip | Loudblog | Spip Video Flash Player - Netdevelopeur et Jeroenwijering | Dewplayer Estvideo