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Caricatures : Internet, dernier espace de liberté ?

par Hervé Devavry [29ème promotion], Jonathan Perrot [29ème promotion], Laure Philipon [29ème promotion], Claire Pain [29ème promotion].
Article publié le samedi 10 novembre 2007.
 

Le dessin de presse sur Internet, c’est d’abord une adresse : scorbut.be. Le site belge a réussi en près de dix ans d’existence à s’imposer comme la référence en la matière. (JPG) Son atout : proposer les oeuvres de jeunes dessinateurs comme celles des plus illustres. Cabu (Le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo), Kerleroux (Libération, Le Monde), Wozniak (Le Canard Enchaîné, Le Nouvel Obs) ou Cardon (Le Monde, Le Canard Enchaîné) envoient régulièrement les dessins qui n’ont pas été retenus par leurs rédactions. Résultat : des caricatures plus personnelles et plus tranchantes à la fois, puisque aucune “censure” n’a été exercée.

D’autres dessinateurs décident de créer leur propre site, souvent conçu comme une vitrine. C’est le cas d’Eric Laplace, alias Placide. Maquettiste dans une agence de publicité, il met en ligne chaque jour plusieurs dessins d’actualité sur leplacide.com. Fort d’une expérience en presse régionale (à la Nouvelle République du Centre Ouest), Placide apprécie la liberté que lui offre le web. “On constate une frilosité chez certains journaux, affirme-t-il, car le dessin est encore considéré comme quelque chose d’enfantin : il ne faut donc pas déplaire à la grande majorité du lectorat”. Sur Internet, “il n’y a pas de relation de dépendance financière. La valeur ajoutée, c’est donc une certaine liberté de ton”. Autre avantage du web, le tremplin qu’il offre vers 27 millions d’internautes. Beaucoup de jeunes dessinateurs l’ont compris. Comme Gaël Bocandé, créateur du blog Zone Hebdo : “Internet offre une fenêtre d’expression et permet de diffuser son travail beaucoup plus facilement qu’au travers des autres médias”. En effet la blogosphère, réseau de rencontre et d’échange, permet la circulation des dessins jugés bons par les internautes.

Des contraintes nouvelles

Alors le Net, libéré de toute censure ? Pas si sûr. Car si le web permet une relation directe avec le public, celui-ci “vient seulement s’il aime”, souligne Xavier Delucq, de delucq.com. La caricature se trouve donc confrontée à une contrainte beaucoup plus subtile. L’objectif serait, comme en presse régionale ou dans les journaux gratuits, de plaire au plus grand monde. Les dessins n’en sont donc que plus lisses. Au point que les internautes seraient devenus les nouveaux censeurs. Pour exemple, le dessin publiée chaque jour sur la webradio de Radio France pendant la campagne présidentielle, et proposé par gueules-d-humour.com. Philippe Mendy, créateur du site, explique qu’il propose un seul dessin pour publication, mais que ce sont les internautes eux-mêmes qui obligent parfois à le modifier. “On reçoit certains courriers pour nous dire qu’on est allé trop loin, mais c’est aussi notre devoir de faire bouger les choses”, affirme-t-il, tout en refusant de commenter les quelques dessins “censurés”. Radio France n’a quant à elle pas souhaité s’exprimer sur ce sujet.

La liberté qu’offre a priori Internet connaît donc ses limites. D’autant que la Toile n’est pas exempte des logiques économiques. Les dessinateurs se trouvent souvent dans une situation de précarité, ce qui les conduit à exercer une autre activité rémunératrice, pour beaucoup dans la communication ou la publicité. Certains vont même jusqu’à devenir des prestataires de service. Ainsi, gueules-d-humour.com propose depuis peu la vente de dessins en pack. Selon une grille tarifaire précise, un dessin vous coûte entre 50 centimes et 2 euros... But du jeu, selon Philippe Mendy, à l’origine de l’opération : “qu’un dessin appelle un article, et non plus l’inverse”. Sur d’autres portails, comme dessindepresse.com, on commande un dessin précis pour illustrer un congrès, une animation, ou une présentation Powerpoint. On est bien loin de la caricature censée provoquer, émouvoir ou dénoncer.

Géraldine Couvreur, Hervé Devavry, Claire Pain, Jonathan Perrot et Laure Philipon


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