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La Chine n’exporte pas ses armes anti-pirates

par Marion L’Hour [28ème promotion].
Article publié le lundi 11 décembre 2006.
 
Hong-Kong expérimente depuis peu des techniques extrêmes pour lutter contre le téléchargement illégal. Un système efficace, mais qui ne devrait pas arriver tout de suite en Europe ou en Amérique.

Les mêmes méthodes ne fonctionnent pas partout. A Hong-Kong, par exemple, tous les moyens sont bons pour chasser le pirate. Pas le braconnier qui rôde en jonque autour des îles. Non, le flibustier du web. Celui qui télécharge sans vergogne films et musique.

La politique de lutte s’intensifie depuis 2005. Et les téléchargeurs clandestins s’exposent au pire : en novembre 2005, un internaute a écopé de trois mois de prison ferme. Il avait illégalement mis à disposition trois films via le réseau Bittorrent. Une peine exemplaire, qui a satisfait la Motion Picture Industry Association, le lobby du cinéma hongkongais. Depuis janvier, les fournisseurs hongkongais d’accès à internet doivent aussi dévoiler l’identité des utilisateurs de P2P (logiciels d’échange de fichiers d’un ordinateur à l’autre), si les autorités ou les producteurs en font la demande.

Il faut dire que dans la province chinoise, le téléchargement et la copie illégale font florès. Mais selon une étude de la Fédération internationale des industries phonographiques (Ifpi), la répression commence à porter ses fruits. 80% des moins de 26 ans seraient conscients que l’on peut retrouver leur identité s’ils téléchargent. Même si deux sur cinq reconnaissent encore que la majorité de leurs amis se livrent à cette activité.

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Dernier avatar de la traque : la « Youth ambassadors campaign » (Campagne des jeunes ambassadeurs), lancée en juillet dernier. Le gouvernement a mandaté 1 600 hongkongais de neuf à 25 ans pour l’aider à dénicher les contrevenants. Pour ce faire, ces membres d’organisations de type « scouts » doivent écumer les « chats » et les forums. Mettre en confiance leurs interlocuteurs. Et dénoncer ceux qui se rendent coupables d’infractions.

Un premier test avec 700 enfants a porté ses fruits : les bambins ont répertorié 800 infractions, commises par des pirates de la planète entière. Le gouvernement hongkongais table à terme sur 200 000 jeunes « dénonciateurs ». De quoi éveiller l’intérêt des gouvernements étrangers, notamment des Etats-Unis... Mais les scouts américains ont déjà annoncé leur désaccord.

Par ailleurs, certains acteurs de l’internet (comme l’opérateur de télécommunications Verizon), appuyés par des associations, refusent de jouer aux « shérifs délégués » pour les maisons de disques. Pas question de céder au syndicat des producteurs américains, qui voudrait leur faire jouer les gendarmes à sa place. Ou à celle des autorités.

Opérations ponctuelles et exemplaires

Au Canada, les producteurs ont trouvé la solution. Ce sont eux qui font miroiter des gains à qui dénoncera les vauriens. L’Association canadienne des propriétaires de salles de cinéma propose par exemple 500 dollars à qui rapportera un piratage par caméscope, en appelant un numéro d’urgence spécial.

La pression va-t-elle s’accentuer à ce point sur les pirates français ? Cela ne semble pas d’actualité. Certes, les maisons de disques, notamment celles qui font partie de l’IFPI, pourraient être demandeuses. Mais la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) encadre strictement la lutte contre le téléchargement illégal. En octobre 2005, elle a refusé à plusieurs sociétés d’auteurs l’usage d’un logiciel de traque automatique. Raisons invoquées : la Cnil refuse les actions de masse et autorise seulement les opérations ponctuelles et exemplaires. De plus, le système permettrait une collecte massive des données personnelles, une surveillance exhaustive des réseaux P2P, et les sociétés d’auteurs détermineraient elles-mêmes le seuil de fichiers à partir duquel elles engageraient des poursuites.

Quant à la dénonciation, elle existe, certaines conversations de forums en sont la preuve. « On reçoit souvent des coups de fils d’internautes », affirme un officier de la Brigade d’enquête des fraudes aux technologies de l’information. « Mais il n’y a pas de système de délégation, comme à Hong-Kong. » Il s’agit plutôt d’un jeu « du chat et de la souris ». Même son de cloche à la Cnil, où l’on confirme qu’il n’existe « pas de dénonciation de ce genre. »

En France, même contre les pirates, on préfère la guerre propre.


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