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Culture geek, la revanche des premiers de la classe

par Laurent Suply [27ème promotion].
Article publié le samedi 19 novembre 2005.
 
Internet accède enfin au statut de média de masse et les baladeurs MP3 sont greffés sur toutes les oreilles. Mais depuis plus de 30 ans, une caste secrète et souvent raillée oeuvre dans l’ombre pour l’avènement d’une civilisation technologique à leur image : les geeks.

(JPG) Années 70, génèse du monde de l’informatique. Une sainte trinité émerge et s’inscrit dans la légende. Bill Gates, fondateur de Microsoft, le père tout-puissant, homme d’affaire accompli et première fortune mondiale. Steve Jobs, techno-gourou d’Apple, maître à penser les tendances, l’Esprit. Et Steve Wozniak, compagnon de Jobs, le génie barbu, idéaliste et baba-cool qui gagnait à 13 ans le premier prix d’un concours de création de machines à additionner et soustraire. L’ancêtre des geeks.

Le geek originel est l’informaticien, ou le chercheur en science dure. Il semble vivre en symbiose avec son ordinateur, parle le langage binaire couramment. Et par dessus tout, il semble hermétique à toute norme sociale. Il ne sort pas, peut porter des chaussettes trouées sous des tongs en hiver... Seulement voilà : d’archétype du premier de la classe frustré, le geek est devenu le modèle d’une nouvelle identité revendiquée. Précurseurs d’une culture de l’internet et des nouvelles technologies, les geeks sont réhabilités.

« Aujourd’hui, il faut avoir un IPod ou le dernier techno-gadget à la mode. Une bonne partie de la culture geek est rentrée dans les moeurs, explique Thomas, 22 ans. Maintenant, c’est celui qui ne sait pas se servir d’un ordinateur qui passe pour un imbécile ». La culture geek se développe principalement par le biais d’internet. Elle a ses rendez-vous : les First Jeudi, tous les premiers jeudis du mois à Paris et certaines villes de provinces, où les intéressés se retrouvent dans un bar pour discuter des logiciels libres. Mais aussi ses produits de consommations. Sur www.thinkgeek.com, on trouve ainsi un arbre de noël USB, un paillasson souhaitant la bienvenue en langage binaire, ou un tee-shirt proclamant bien haut : 42 ! 42 ? Une référence culturelle obscure pour le commun des mortels, mais culte pour le geek. Dans le Guide du Routard Intergalactique livre de Douglas Adams récemment adapté au grand écran, un super-ordinateur met 7.5 millions d’années à répondre "42" à la question « Quelle est le secret de la vie, de l’univers et de tout le reste ?. » Autres références incontournables pour pénétrer le monde geek : Star Wars, le Seigneur des Anneaux, Donjons et Dragons, et plus largement la science-fiction et l’heroïc-fantasy. « En réalité, on ne lit pas que ça, mais ce sont les bases de cette culture.Les geeks sont bien plus ouverts que ce que laisse paraître leur image. Mais on s’en amuse plutôt » assure Thomas.

Valeurs

Auto-dérision, le maître-mot de l’humour geek, désormais très développé sur Internet. Comme l’humour belge ou juif new-yorkais, il ya un humour geek. Il cultive en priorité le rire de soi ( « j’aimerais avoir une femme chez moi qui ne finit pas par .jpg » ), mais aussi le sens de la répartie. Un aperçu est disponible sur www.bashfr.org, site coopératif qui recense les meilleurs moments de discussions en ligne.

Futile la culture geek ? « Il y aussi des valeurs plus profondes, moins connues, auxquelles nous sommes attachés. La défense d’un internet libre du pouvoir de l’état et de l’argent par exemple... » explique l’un d’eux. A mi-chemin entre refus punk et résistance passive à la Gandhi, les geeks croient toujours à un monde de coopération et de gratuité. La promotion des logiciels libres est un de leurs chevaux de batailles. Ils préfèrent Linux, système d’exploitation gratuit, au Windows de Bill Gates. Et si toute la philosophie geek, derrière les barbes, les looks improbables, était avant tout un rejet passif mais ferme de la société du spectacle et de la consommation ?


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