page d'accueil
envoyer un message au webmaster
plan du site
s'abonner au flux RSS les derniers articles à lire accéder au podcast s'abonner à la newsletter
espace privé pour les rédacteurs

Kochonland, la vie en rose

par Marion L’Hour [28ème promotion].
Article publié le lundi 30 octobre 2006.
 
Les jeux « d’élevage virtuel », qui mêlent Sims et Tamagochi, pullulent sur le Net. Kochonland est leur papa. Cette simulation permet de soigner son propre porcinet en ligne. Un vrai phénomène, avec ses risques d’addiction, mais surtout son solide et convivial réseau d’éleveurs.

Quatre ans. Voilà quatre ans qu’une foule d’internautes s’adonne en toute candeur à des passe-temps cochons. Les 900 000 inscrits d’aujourd’hui peuvent remercier Ludovic Sarrazin : le créateur français du site Kochonland leur permet d’élever gratuitement leur petit mammifère en quelques minutes par jour. Et surtout d’intégrer un sympathique cercle d’éleveurs.

C’est d’ailleurs de là, des éleveurs, que tout est parti. Ludovic Sarrazin tombe amoureux de l’ambiance lors du tournage d’un film publicitaire sur une coopérative porcine. Cinq ans plus tard, il lance le site précurseur Kochonland. Quelques éléments de programmation basiques, un graphisme simple et coloré, voici le portrait de l’animal. De quoi reconstituer un élevage réaliste, doté d’une grange, d’un marché des produits, d’un champ à cultiver...

Cinq millions et demi de visiteurs par mois

Conçu à l’origine pour 40 personnes, Kochonland atteint 300 internautes au bout de quelques jours. Depuis, l’empire porcin s’est largement étendu, surtout via les forums et le bouche-à-oreille. La société mère, Explore, a développé de nouveaux jeux tels que Vacheland(352 000 membres), ou Mon chval (383 000). Les webmasters ont même inventé un jeu - payant - sur téléphone portable, la Kochonland farm party. De nombreux bandeaux publicitaires clignotent sur le site. Il faut dire que Kochonland réalisait, selon Médiamétrie, la 25e meilleure audience en novembre dernier. Un score supérieur à celui de Radio France et des Echos, et 5,5 millions de visites mensuelles au compteur.

Quant aux imitations - dont Kochonland se méfie, naturellement - elles foisonnent sur la toile, de même que les produits inspirés par l’aïeul à queue tirebouchonnée. N’importe qui peut ainsi élever son kochon virtuel, mais aussi son félin domestique, son pingouin, son koala, son dragon, sa licorne, ses panthères, oiseaux, chameaux, voire sa mémé virtuelle.

Autant dire que tout le monde s’y met. Les adeptes de cet hybride entre Sims et Tamagochis échappent aux catégories. Filles et garçons, jeunes et vieux (de 15 à 70 ans, selon un joueur), citadins et campagnards, le Kochon les séduit tous. D’Armand, le lycéen, à Sylvie, mère de famille quinquagénaire, en passant par Yayef, chercheuse et prof d’informatique.

Accro à la « Kommu »

« Ils m’ont obligé à trouver un cyber-café, à Chypre ! ». Nicolas, jeune père de famille axonais, n’en revient pas. Ses deux bambins ne peuvent partir longtemps en vacances sans soigner, laver, choyer leur goret. C’est le risque. Certes, le jeu reste peu prenant « cinq minutes matin et soir, devant mon café et avant de quitter le boulot », pour Crazy Cat, « jusqu’à un quart d’heure » pour Armand. Mais la dépendance guette. Il faut planifier ses absences, en payant un « pig-sitter » ou en confiant son Kochon à l’agent communal, géré par le site web. Car laisser l’animal huit jours sans nourriture ni toilette, peut entraîner sa mort. Autre déviance : certains joueurs avouent collectionner les sépultures de Kochons qu’ils ont laissé volontairement mourir. Plutôt inquiétant. D’autant que l’enterrer coûte cher et le ressusciter encore plus.

Il n’empêche, le jeu a ses avantages. Pour Crazy-Cat, informaticien trentenaire, c’est une source de défis « tels que faire du bio, finir dans le top 10 des meilleurs éleveurs... » Yayef, la chercheuse adepte des jeux vidéos, préfère le côté « Tamagochi : s’occuper de son compte sous peine de le voir péricliter. » Quant à Armand, 16 ans, il l’utilise pour se « changer les idées et s’occuper ». On peut même pousser plus loin et voir dans ce jeu un outil thérapeutique, comme les Sims, pour le pédopsychiatre Michael Stora. Il s’agit du même type de « jeu sans enjeu », sans victoire ni défaite, qui permet de s’évader ou d’exprimer son agressivité.

Reste l’atout principal, évoqué par tous les joueurs : la « Kommu ». Autrement dit, la communauté d’éleveurs virtuels qui gravite autour de Kochonland. L’interactivité joue en effet un grand rôle dans le jeu. Les participants peuvent attaquer leur voisin à coup d’insectes et poisons, mais aussi les rencontrer au « bistrot » (une sorte de forum) et s’organiser en coopérative. « La Kommu est fort sympathique », reconnaît Crazy-Cat, « pour moi Kochonland devient essentiellement un lieu de discussion, le jeu étant mis au second plan. » Même sentiment chez Sylvie, qui gère le site de « pig-sitting » : « le jeu lui-même ne m’apporte plus grand-chose, il est très routinier. Mais j’aime l’esprit de communauté et d’entraide qui s’est développé autour. » Cette mère de famille a même rencontré une éleveuse un peu plus âgée, habitant à 800 km de chez elle. Depuis elles gardent contact. C’est la Kommu qui incite également Yayef à ne pas quitter Kochonland. Cette chercheuse belge devenue modératrice « se doit de continuer à jouer, même quand ça [l’] amuse un peu moins, pour pouvoir aider les autres. » Elle a noué « de vraies amitiés » et se dit même « accro à la Kommu. »

Le premier secret des sites d’élevage c’est peut-être donc de rendre les gens copains...Comme cochon.

(GIF)
Miss Piggy, née le 19 octobre 2006

J’ai testé pour vous

La page d’accueil de Kochonland pose les fondamentaux saisonniers. Automne, 14°, il fait jour. En haut, sourire benêt d’un goret. Un dirigeable fanfaronne « Le premier jeu de simulation d’élevage de Kochons », une ribambelle de saucisses sert d’onglets pour la navigation. En bas, une animation inquiète : le loup rôde à Kochonland. Pire, les ramasseurs de lisier font grève jusqu’à demain. Je persiste à m’inscrire, malgré ces mortelles menaces sur mon futur animal. Suit un fastidieux formulaire à remplir, et la lecture d’une longue règle. Enfin, j’ai la joie de vous annoncer la naissance de Miss Piggy, cochonnet de la race pie noir basque (voir photo). Propre et en pleine forme. L’exploitation s’affiche sur l’écran et je vaque à mes travaux d’éleveuse. Il faut planter le champ, nourrir le cochonnet, surveiller le marché, visiter la grange où m’attend un vaccin bonus, offert par la mairie de Kochonland. Bonus bienvenu puisque, dès le lendemain, Miss Piggy attrape une fièvre aphteuse. Puis le surlendemain, elle se salit. De quoi inquiéter l’éleveuse exigeante que je suis. Et me discipliner aux cinq minutes d’attentions quotidiennes...


Voir et/ou télécharger l'article au format PDF

Forum de l'article


 
 
 
   
[#NOM_SITE_SPIP]

Accueil |  IPJ Paris | podcast ipjmag |  anciens ipj |  newsletter |  @webmaster | ipjmag en rss ipjmag

Ipjmag est un magazine école réalisé par les étudiants de
l'Institut Pratique de Journalisme, dans le cadre de l'option "journalisme en ligne"
encadrée par Thierry Guilbert, concepteur de ce site à vocation pédagogique
.
-------
Tous droits de reproduction et de diffusion réservés - (c) 2004 - 2006
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnait avoir pris connaissance de
la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.
Le contenu de ce site (textes, sons et vidéos) ne peut être repris sans accord préalable de leurs auteurs.

------

Creative Commons License
Les pages contenues sur Ipjmag font l'objet d'un contrat Creative Commons.  
------
Technologies et logiciels utilisés :
Spip | Loudblog | Spip Video Flash Player - Netdevelopeur et Jeroenwijering | Dewplayer Estvideo